Extrait – Above All T2 : Résister

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Je l’avais promis pendant l’été, le voilà ! J’ai profité des corrections du tome 2 pour extraire une conversation entre Andreas Van Allen et Alexi Snow. L’orage gronde, mais ce n’est pas comme si vous l’ignoriez désormais ! Bonne découverte !

Chapitre 6

[…]

— Lieutenant Snow ?

Je me retournai et vis descendre mon supérieur de l’étroit escalier en colimaçon au bout du couloir. Précisément celui où je devais m’engager.

— Tu reviens des réserves ? demanda-t-il en s’approchant.

— On ne peut rien te cacher…

Les mains plongées dans les poches d’un treillis bleu marine, il paraissait détendu. Comme si rien n’était arrivé quelques heures plus tôt.

— J’ai trouvé les lieux occupés, sourit-il. Tu as encore soif ?

Deux fois, deux jours de suite, je ne croyais plus au hasard.

— Cela implique de me joindre à toi ?

Ce n’était pas une bonne idée.

— J’ai une bonne bouteille de Scotch dans ma cabine. Peut-être même de gin…

Définitivement pas une bonne idée !

— De l’alcool dans ta cabine ? Voyez-vous ça…

— Seulement pour les grandes occasions. Et ce ne sera qu’un verre, fais-moi confiance pour ça.

— Un verre, et ensuite ? Comme d’habitude ? me moquai-je de lui.

Docteur Jekyll et Mister Hyde. J’étais vouée à devenir aussi schizophrène que lui !

— Je croyais qu’on était fâché, ajoutai-je. Je croyais que je t’avais déçue au point de ne plus être digne de ta confiance !

Le ton montait. Mais étrangement, Andreas ne rentra pas dans mon jeu. Il resta au contraire parfaitement calme et dit quelque chose à laquelle je ne m’attendais absolument pas.

— Nous avons besoin de parler, Alexi. On ne peut pas continuer comme ça.

Ses beaux yeux bleus étaient empreints de gravité. Il mettait encore à mal toutes les belles résolutions que j’avais prises à l’issue de ma conversation avec Theodore.

— Donne-moi une bonne raison d’accepter. Quel est le piège ?

— Il n’y en a pas.

— À d’autres…

— Je ne veux plus voler dans ces conditions. Je veux que nous soyons efficaces. Et je veux bien admettre avoir merdé.

L’aveu du siècle ! Et l’argument qui fit mouche.

Je ne me faisais cependant pas d’illusions sur la suite du programme…

— C’est d’accord, Van Allen.

Il haussa un sourcil et son sourire me fit chavirer.

— Je ne mérite pas d’être Andreas, ce soir ?

Lorsqu’il arriva enfin à ma hauteur, nous reprîmes côte à côte notre marche dans le couloir.

— Disons que je te réserve ce privilège à d’autres occasions.

Il sourit pour lui-même et je sus que je me jetais corps et âme dans la gueule du loup. Mais le besoin dévorant de l’entendre s’expliquer l’emportait par—dessus tout.

Nous arrivâmes bientôt sur le pont deux et longeâmes le couloir quatre au bout duquel se trouvait sa cabine.

Je fus traversée par un dernier élan de lucidité.

— Il ne faut pas qu’on me voit là.

— C’est désert, à cette heure. Tant que tu ne fais pas trop de bruit, tout ira bien.

— Et pourquoi ferais-je du bruit ?

Il ouvrit la porte de sa cabine mais je restai sur le seuil. L’éclat de ses prunelles dans la semi pénombre ne reflétait plus la froideur et l’arrogance dont il avait témoignées à nos débuts.

— Tu as promis qu’on ne ferait que parler.

— J’ai promis qu’on parlerait.

Je saisis parfaitement la nuance. Il me pressa d’avancer en posant une main sur mes reins.

En dépit de la meilleure volonté du monde, j’avais capitulé dès ses premiers mots.

Parler donc. Il était temps.

***************

— Un problème ? demanda-t-il comme je pénétrais dans son antre, les yeux écarquillés.

Une élégante petite banquette bleue, une couchette bien plus large que la mienne, un bureau sur lequel reposaient un ordinateur portable et un cadre contenant la photo d’un chasseur sur fond de coucher de soleil. Beaucoup de choses m’avaient échappé le jour de mon arrivée.

— Je n’avais pas vu tout ça, la première fois…

Il sembla amusé.

— Je pense savoir pourquoi…

Je me retournai pour lui jeter un regard noir.

— Tu as déjà oublié ce que tu m’as promis !

— Pas du tout, Snow ! Parler, c’est ce pourquoi nous sommes là. Assieds-toi, maintenant, ordonna-t-il en désignant la banquette.

Je m’installai sur le bord de l’assise, histoire de me donner une chance de lui échapper en cas de dérapage.

L’espoir faisait vivre…

Il s’accroupit devant la porte d’un placard minuscule et l’ouvrit pour en tirer deux bouteilles en verre. L’une semblait être remplie de jus d’orange, l’autre d’un liquide bleu, tirant même sur le violet.

— Où est le gin ? m’insurgeai-je en comprenant qu’il m’avait encore roulée.

— À Honolulu. Sur le marché du port.

— Tu es le roi des enfoirés.

— Je sais, Snow… Mais je contribue à te rendre meilleure en t’empêchant de boire. Qu’est-ce que tu veux ?

Il brandit les deux bouteilles en arborant un air canaille.

— Ne me dis pas que c’est la même horreur que Drake boit à longueur de journée ? demandai-je en désignant l’étrange breuvage plus foncé.

— Précisément !

— Jus d’orange, alors.

Je n’allais pas beaucoup dormir après ça…

Il sortit deux gobelets en plastique du même endroit et nous servit, avant de s’asseoir sur le fauteuil de bureau.

Il le fit pivoter de manière à se trouver en face de moi.

Ses cheveux pointaient dans tous les sens et lui donnaient cet air fripon qui le rendait si charmant à mes yeux quand il ne pensait pas à se comporter comme un tyran.

— Par quoi allons-nous commencer, Alexi ?

— C’est toi qui as toujours lancé les hostilités. La balle est dans ton camp…

Il n’eut pas besoin de réfléchir trop longtemps.

— C’était une erreur.

Et ce fut la première entaille dans mon cœur.

Il regarda distraitement le contenu de son verre.

— Une erreur qui est en train de me perdre. C’est allé trop loin. J’en prends même la responsabilité…

Je fus désarmée par ses confessions. Mais pas prête à tout lui pardonner.

— Je suis désolé d’avoir été aussi…

— Laisse-moi t’aider ! Aussi méchant, instable et tyrannique !

Il se renfrogna.

— Là, tu exagères !

— À peine… Qu’est-ce qui te pousse à te conduire aussi mal avec moi ? C’est précisément de ça dont nous devons parler, ce soir !

Il se leva brusquement.

— Tu n’imagines pas à quel point la situation m’échappe, Snow !

Je ne pus m’empêcher d’être immensément satisfaite.

— Je t’ai voulue dès le premier jour, s’emporta-t-il. J’ai essayé de lutter parce qu’il était inconcevable que cela arrive ici ! J’ai pour habitude de tout…

— De tout contrôler, verrouiller… J’ai saisi ! Et donc ? articulai-je, troublée.

— Qu’est-ce qu’il en est pour toi ? demanda-t-il avec des flammes dans les yeux.

— J’ai le même problème…

À quelques détails près…

Il se rassit et but une gorgée de jus d’orange, manifestement déconcerté.

— Qu’est-ce qu’on va faire, Andreas ? À chaque fois, qu’on tente de trouver un terrain d’entente, on foire lamentablement. La situation empire, mais le sexe devient meilleur. Et puis maintenant, il y a cette connerie de programme… Alors qu’est-ce qu’on va faire ? répétai-je.

— Rester professionnels, avant tout.

— Arrête aussi ce numéro !

— Il faut qu’on prenne une décision. Ce qu’on est en train de faire en ce moment ne peut plus durer, Alexi. Je te le redis encore. Soit on choisit de s’envoyer en l’air plus souvent pour relâcher la pression, mais sous certaines conditions. Soit on arrête tout. Ce boulot, c’est ce que j’ai toujours fait de mieux dans ma vie. Sans faille, et sans états d’âme. Depuis que tu es là, je déconne à pleins tubes.

— Donc, c’est moi qui ai un problème !

Il me regarda sérieusement.

— Nous en avons tous les deux, et tu le sais.

Il avait vu juste pour une fois.

— Qu’est-ce que tu fuis, Snow ? reprit-il.

— Le souvenir d’un fiancé qui faisait de moi ce qu’il voulait, et qui a fini par me trahir. Mes beuveries et coucheries d’un soir depuis quelques mois… À toi maintenant !

Il soupira, avant de se livrer.

— Ma vie à terre est devenue trop insupportable ces dernières années.

Cela corroborait les informations révélées par Theodore quelques heures plus tôt.

Je fus touchée par sa franchise.

— Pourquoi tu as embrassé Pierce, hier soir ?

Pour oublier que je ne t’embrasse pas…

— Pour le réconforter, et me souvenir de ce que ça fait.

J’espérais qu’il comprendrait…

— Pourquoi est-ce que tu ne quittes pas ta femme ?

— Pour la réconforter, et me souvenir de ce que j’ai fait, répliqua-t-il sèchement.

C’était un début, mais il manquait encore l’essentiel.

Nous finîmes nos verres en évitant soigneusement de nous regarder.

L’ambiance était devenue pesante, je choisis de nous emmener sur des sentiers moins tortueux.

— Je ne me souvenais plus à quel point il était bon de voler. Je ne suis pas une élève modèle, Andreas, mais j’aime vraiment ça à nouveau.

— Je suis content de l’apprendre ! Et ça fait deux fois que tu m’appelles Andreas. Nous allons coucher ensemble alors ? me taquina-t-il.

Le changement de cap fut fulgurant. La température monta d’un cran dans la cabine de grand standing de mon supérieur.

Avais-je déjà rencontré une personne plus versatile que lui ? À moins que l’on ne parle de lâcheté s’il s’agissait pour lui du moyen d’échapper à ma curiosité.

Cela eut en tout cas le mérite de le rendre à nouveau très désirable, calé qu’il était sur son siège, sa main pendant nonchalamment sur l’accoudoir, son verre dans l’autre.

Coucher ensemble ? Un peu de résistance ne pouvait pas nous faire de mal, cependant.

Je me levai et posai le verre sur la table de travail derrière lui, avant de me diriger vers la sortie. Bien entendu, le capitaine Van Allen ne l’entendit pas de cette oreille, et fondit comme un prédateur sur sa proie. Il s’interposa entre la porte et moi.

— La journée risque d’être chargée, Alexi. Si nous arrivons tous les deux aussi frustrés demain matin, nous courons droit à la catastrophe, commença-t-il à argumenter le plus sérieusement du monde.

— Qui te dit que je suis frustrée ?

Il me prit par la taille pour nous rapprocher Le genre d’initiative autoritaire contre laquelle je ne pouvais pas lutter.

— Une intuition, Snow… susurra-t-il. Quand finiras-tu par faire ce que je te demande ?

— Coucher avec les subalternes ne fait pas partie de vos attributions, Capitaine… murmurai-je tandis que ses lèvres se posaient dans mon cou.

Je finis par me cambrer et nous nous frottâmes l’un contre l’autre. J’eus l’intuition qu’il n’y aurait ni entrée ni plat principal, et que nous passerions au dessert sans détour.

Andreas me souleva et j’enroulai mes jambes autour de sa taille. Je ne m’attendis pas à ce qu’il se retourne et me plaque contre la porte. Il rua une première fois entre mes jambes et l’envie de ne faire plus qu’un avec lui devint soudain plus urgente.

— Qu’est-ce qu’on va devenir, Snow… souffla-t-il en embrassant ma gorge.

— Je donnerais tout pour le savoir, Capitaine…

[…]

Battista Tarantini, Angels Editions – Tous droits réservés

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6 réflexions au sujet de « Extrait – Above All T2 : Résister »

  1. Trop bien mais je n’arrive pas à trouver la date de publication. L attente est frustrante et je n aime pas ça. Pouvez vous nous donner une information. J’ai lu que la série était en 5 tomes car si vous le confirmer j’ai hâte de vous lire.
    À bientôt

  2. C’est un réel plaisir de vous lire. À quand la publication, j’ai fouillé tout les sites ou articles sur vous et votre série je ne trouve pas l information. Est il vrai qu’il y aura en tout 5 tomes?

    1. Bonsoir, et merci beaucoup d’être venue me parler de votre lecture ! j’ai écrit pour l’instant 3 tomes, le deuxième paraîtra le 25 octobre. D’ici peu, donc ^^ L’avenir nous dira s’il faut donner une suite à cette aventure… A bientôt j’espère ! Bonne soirée, et encore merci 🙂

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